Le mouvement prend ses racines à diverses sources

LES BÉGUINAGES

Les béguinages médiévaux abritaient des communautés de femmes, religieuses et laïques, qui vivaient en autonomie ne dépendant d’aucune hiérarchie, tant religieuse que laïque. Dès le 12ème siècle, dans le Nord de l’Europe, les béguinages tentent de soulager la misère des femmes seules en s’appuyant sur les hôpitaux. A l’époque contemporaine, le Béguinage se rencontre sous deux formes :

  • En Allemagne s’est créée en 1998 la ferme de « Liesselotte », béguinage moderne, où s’associent librement des femmes de tous âges et conditions dans le but de vivre en communauté. Une part importante des béguinages allemands est aujourd’hui regroupée dans le « Beginenstiftung » dont le but est l’émergence de tels projets, toujours réservés aux femmes.
  • Le béguinage désigne également un mode de vie collectif pour les seniors, pratiqué essentiellement en Belgique, Hollande et dans le Nord de la France où il revêt plutôt un aspect d’habitat groupé que celui d’un véritable projet pédagogique, éthique ou religieux. Sans forcément revendiquer une appartenance spirituelle, la formule entend cultiver des valeurs de proximité et de fraternité en vue de maintenir le lien social et offrir une alternative à l’isolement et la solitude pouvant être ressentis en maison de retraite ou dans les foyers.

LES MOUVEMENTS OUVRIERS

Réunion des habitants du Familistère de Guise
Réunion des habitants du Familistère de Guise

Le mouvement ouvrier de la fin du 19ème et début du 20ème siècle avec les 1ères sociétés coopératives d’habitat, telles que le Familistère de Guise construit sur le concept de phalanstère développé par Charles Fourier en 1820.

Les mouvements d’auto-construction à la sortie de la seconde guerre mondiale, comme le mouvement des «Castors»: des coopératives qui intégrent la notion d’apport-travail.

LES ANNÉES 70-80

Le Mouvement de «l’Habitat Groupé Autogéré» a entraîné la réalisation de nombreux projets dans les années 70 et 80 (une centaine d’opération entre 1970 et 2000). Puis la dynamique connaît un ralentissement en France, alors que nos voisins européens érigent les 1ers éco quartiers: Vauban en Allemagne, Lanxmeer aux Pays-Bas, Västra Hamnen en Suède, Bedzed en Angleterre, etc…

LE RENOUVEAU DEPUIS LES ANNÉES 2000

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Ce renouveau prend racine dans les crises que nous vivons: crise du logement, crise de société, crise du capitalisme… et les projets répondent à des enjeux de l’époque actuelle: difficulté des ménages à se loger dans un contexte de crise économique, problématique de vieillissement de la population, besoin de lutter contre l’isolement en favorisant les relations de proximité et l’entraide.
Face à ce constat, les citoyens tentent de se réapproprier la thématique de l’habitat comme lieu d’action collective.

OU EN EST-ON AUJOURD’HUI?

Le concept est très développé et très documenté chez nos voisins européens

Allemagne, Hollande, Suède, Grande Bretagne… En France, les montages juridiques favorisant les projets participatifs: la coopérative d’habitants et la Société d’autopromotion et d’attribution ont été consacrés par la loi ALUR en 2014. Plus de 500 projets sont en cours de réalisation dont une cinquantaine en région PACA.

On en est encore à l’étape pionnière de la démarche
  • Freins culturels spécifiquement français sur tout ce qui relève des démarches collectives,
  • Freins liés au mode de financement,
  • Difficultés dues à la durée de montage des projets.
Néanmoins, depuis quelques années les réseaux d’acteurs se structurent
  • Structuration du réseau des collectivités locales avec quelques grandes villes leader : Grenoble, Strasbourg, Bordeaux…
  • Structuration du réseau des bailleurs sociaux,
  • Structuration des associations nationales, régionales et départementales organisant le mouvement citoyen sur l’ensemble du territoire.